Aldamir

Amsterdam, originalités et improvisation

Vélo Amsterdam

Ce troisième et dernier chapitre se dédie à la ville en elle-même, à son Histoire, à sa culture et aux quelques découvertes d’un touriste égaré de son propre arbitre.

Verzets Museum, Musée de la Résistance

Contrairement à la pensée commune selon laquelle le musée Van Gogh serait le plus visité, c’est en fait au musée de la maison d’Anne Frank que revient cette première place, malheureux fait par lequel notre manque d’organisation nous coûta la visite d’ailleurs. Nous nous retrouvions par conséquent, selon les recommandations de Vanupied, au Musée de la Résistance décrit comme riche d’enseignements quant aux sujets de la Seconde Guerre du côté Hollandais, mêlant propagande, résistance et collaboration. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui préféraient ce dernier, bien moins touristique, au refuge de la jeune juive et pourtant, je n’en tirais qu’un ennuyeux rappel des enseignements scolaires d’Histoire, quand bien même j’élargissais ma vision de l’époque par les témoignages hollandais.

Houseboat Museum, péniche life

Construit en 1914, le Hendrika Maria était initialement réduit au transport du sable, du gravier et du charbon jusqu’aux années soixante-dix suite auxquelles il sera habité durant vingt années, reconverti en véritable bateau-maison. Unique musée du genre dans le monde entier, il arbore aujourd’hui le confort des appartements authentiques des skippers tout en conservant le caractère historique de son apparence extérieure.

Évidemment, on en fait vite le tour mais l’emplacement exceptionnel du bateau sur le canal Prinsengracht du quartier central de Jordaan, dans lequel nous sommes tombé par hasard, de même que l’aspect authentique de la péniche, comme si ses habitants s’étaient simplement absentés quelques heures, forment tout le charme d’une des originalités incontournables de la ville : la vie en péniche.

Hortus Botanicus, jardin botanique

À l’Est d’Amsterdam, au cœur du quartier du Plantage, gît Hortus Botanicus, l’un des plus vieux jardins botaniques du monde. Fondé en 1638 en tant que jardin d’herbes médicinales employées par les docteurs et apothicaires, il accueillera jusqu’à un siècle plus tard certains arbres du jardins encore présents aujourd’hui grâce à la contribution de marchands et marins de la compagnie des Indes orientales.

L’importance de ce lieu dans l’Histoire s’exprime notamment par deux anecdotes puisque sa terre fut également le berceau du café arabica lui-même. Lui qui, par une unique plante ramenée d’Afrique puis donnée à Louis XIV permis la culture du café en Amérique centrale et en Amérique du sud. De manière similaire, le palmier à huile y fut accueilli, empoté depuis l’île Maurice (ou l’île de la Réunion), avant d’être propagé en Asie du sud-est, devenant la principale source de revenu en Indonésie.

Avec 4000 espèces d’arbres et de plantes, tropicales et indigènes réparties sur à peine plus d’un hectare autour de sept serres recréant six climats différents dont une serre aux papillons et une serre aux trois climats, l’Hortus Botanicus se sublime par les larges fleurs de son nénuphar Victoria et son arbre centenaire près de l’Orangerie. Là où la sérénité des courbes, des sentiers étroits et des espaces cachées d’un jardin romantique croisent l’amour de la Nature.

Bloemenmarkt, le Marché aux fleurs d’Amsterdam

Pris au dépourvu par des trombes d’eau venues du ciel, nous partons à la recherche d’un abris, l’occasion rêvée de découvrir un coffeeshop Greenhouse. De planque en planque, nous nous déplaçons de manière stratégique, aucune direction n’est prise au hasard… Aucune sauf au moment où nous tombons nez à nez avec un énième incontournable de la capitale sur lequel j’avais décidé de faire l’impasse, Bloemenmarkt, le marché aux fleurs. À raison, ce marché établi de manière permanente le long du Singel, parmi les plus ancien canaux d’Amsterdam, près de la Rembrandtplein, me laissait l’amère impression d’une simple jardinerie en plein air mêlée à un stand de souvenirs. On raconte néanmoins qu’il fut longtemps un marché flottant, les marchands s’amarrant alors à la berge, le long du marché.

Melkweg, Sleep & Pharaoh Overlord

L’une des motivations dont je ne vous avais pas fait part auparavant concernant le choix de cette ville concernait un concert de Sleep, groupe de stoner et pilier du genre, la veille de mon anniversaire, au Melkweg. Quel meilleur cadre pour l’occasion ?

J’étais sincèrement bluffé par la neutralité physique du public, tant en terme d’apparence qu’au niveau du comportement hors de la salle. Peu de merch apparent dans la foule et seuls quelques compagnons embrumant les parages. Deux cavaliers bleus surgissent aux abords du canal séparant le Melkweg tandis que s’agrémente la longue file d’attente dont je m’extrais pour achever un dernier doubi.

L’accès à la salle se fait pas une passerelle traversant un canal, des péniches amarrées à quelques mètres à peine. Un vestiaire immense à disposition du public, une recommandation de leur usage quasi forcée. Une sonorisation parmi les meilleures qu’il m’ait été donné d’expérimenter contre les barrières. Recommandation totale pour ce que je considère aujourd’hui comme ma salle préférée. Si vous passez dans le coin et que vos dates coïncides avec la performance d’un artiste qui vous plaît, n’hésitez pas une seconde.

Ce soir j’ai également découvert un groupe en première partie, Pharaoh Overlord. Un space rock électronique mené par le duo suédois du dernier album, 5. Si beaucoup critiquent l’album pour sa linéarité, un pattern constant pansé couche par couche, la présence sur scène du groupe ajoute une progression au fil de la performance. J’ignore si ma sobriété m’aurait fait porter le même discours ce soir-là mais j’ai souvenir d’avoir vraiment vécu le truc, comme absorbé dans un clip, chaque ressentiment scripté. J’ai malheureusement pu sauver aucune des photos prises de cette première partie ce soir là.

Butcher’s Tears, brasserie artisanale

Au cœur d’une zone d’activité quasi industrielle luisent les larmes du boucher. La brasserie accueille les quelques curieux qui s’aventurent trop près de ses fûts. Le bar, carrelé à la manière d’un abattoir, présente un menu en ses carreaux tandis que s’écoulent en toute transparence les litres de bières brassées en fond de boutique. S’attablent alors ces aventuriers, là où la place se libère sur la rusticité d’un des quelques bancs, tombant quelques amères Grainiac dans l’accomplissement d’une longue journée.

Personne ne franchit les frontières hollandaises pour la bière, si ? Des belges égarés par une préalable dégustation peut-être ? En tout cas, nous étions là et en tant qu’amateurs de houblon, la visite d’une des brasseries les plus réputées de la ville nous paraissait essentielle. Parmi les recommandations ressurgissait un nom, « Grainiac », une potion amère, bien trop amère, un favoris pour lequel je cède ma place (quand même pas, personne boit dans ma coupe). J’y retournerais forcément, que ce soit pour l’ambiance ou le concept même.

Schreierstoren, Tour des Pleureuses

1609, Henry Hudson appareille vers l’Ouest pour le compte de la Compagnie hollandaise des Indes orientales. Il s’en va remonter en Amérique le fleuve qui depuis porte son nom, son navire chargé de marins tandis que s’amenuisent à leurs yeux les adieux de leurs femmes postées au rempart semi-circulaire que l’on nomme aujourd’hui, selon la légende, « la Tour des Pleureuses ». Une plaque en bas-relief célèbre d’ailleurs l’exploit du navigateur anglais.

La tour est restaurée en 1983 et devient, en sa base, un restaurant souvent privatisé apparemment puisqu’il aura fallu attendre le dernier jour du trip et quelques passages vains devant la tour avant de pouvoir s’y attabler. On n’y trouve pas un choix très varié en terme de bière mais les quelques choix proposés ont le mérite d’être largement décents. Ah, et j’allais oublier, n’en sortez jamais sans avoir goûter à leur tarte aux pommes. Quant au dessus de la tour, on y retrouve à présent une boutique de cartes maritimes et une librairie sur le même thème.

S’égarer dans les rues d’Amsterdam

J’ai souvent lu que 5 jours suffisent à faire le tour de la ville et pourtant j’ai préféré en greffer deux autres à ce voyage. Las de l’impression de visiter des lieux comme téléporté dans les plus beaux endroits du top Tripadvisor en ignorant tout des environs, il me tenait simplement à cœur de m’attarder sur ce qui fait d’Amsterdam ce qu’elle est pour ses habitants, de les suivre dans leurs loisirs. La simple envie de me perdre dans les rues, d’improviser mon aventure, d’entrer quelque part et de laisser le karma me guider vers le plus miteux des bars ou la plus splendide des oasis d’un quartier désertique. Les quelques exemples que j’ai pu illustrer s’en suivent…

Théâtre Tuchinski & Henri Willig Cheese

L’œil intrigué par la merveille d’architecture du Théâtre Tuschinski ferait presque oublier la devanture fromagesque de la salle de dégustation Henri Willig Cheese et pourtant, l’odorat affiné de l’Auvergnat pour le fromage ne manqua pas de nous attirer dans une antre bien plus digne d’intérêt. Évidemment, pas de quoi faire rougir un gaulois, mais au moins l’impression de retrouver un semblant de chez-soi à coups de « attends, j’ai pas bien goûté » demeurait bien présente.

Helias Frogg & Louis Wittenburg

Ainsi s’amplifie la nostalgie dans le cœur de l’ancien potterhead, des étoiles rouges dans le vide de ses yeux plissés. Étant gosse, j’ai longtemps rêvé d’entrer dans ce genre de boutique fantasmatique de ceux qui ont grandi avec Harry Potter. Et la hype se poursuit avec un genre de boutique de farces et attrapes spécialisé dans la thématique d’Halloween, comme une visite à l’enseigne des jumeaux Weasley. Deux belles surprises en somme.

Café Chris, un café brun dans le Jordaan

Lors d’un jour entier dédié à découvrir la carte sans objectif ni carte, nous décidons de nous arrêter à notre premier café brun, Café Chris. Un nom dont j’avais déjà lu les louanges. Meublant le temps de la réouverture par un tour des horizons, nous finissons par accéder à ce repère chaleureux et convivial bondé. Pas une place assise et déjà d’autres dépourvus consommant debout mais surtout, pas un seul touriste, des amstellodamois, des vrais, à perte de vue.

Béguinage d’Amsterdam

La quiétude règne au centre de la ville, là où seules les femmes perdurent. Ce havre de paix, construction médiévale et demeure des béguines d’Amsterdam, conserve depuis 1400 la plus vieille maison encore debout de la ville. Je m’attendais franchement à mieux, au moins au dépaysement promis par ce genre de cloître d’Amsterdam. Meh.

Dernières lignes…

Avec bien plus d’un vélo par habitant, le cyclisme demeure ici le meilleur moyen de se déplacer. Non pas que la ville soit mal desservie par les transports en commun, c’est surtout une manière de visiter plus lentement, de se concentrer sur les alentours tout en restant réactif lors du passage d’une activité à l’autre. Il réside d’ailleurs à Amsterdam une réelle priorité envers les cyclistes, ce qui signifie également une part de responsabilité en plus pour ces usagers compte tenu des aménagements mis à leur disposition.

En l’occurrence, nous passions une semaine entière dans cette petite capitale. Le temps nous permis de privilégier la marche plutôt que l’usage et la garde d’un énième fardeau psychologique, nous délivrant ainsi de la peur du vol là où un état second aurait pu faire défaut. Si je venais à retourner dans les parages, j’en louerais certainement un pour m’éloigner du centre de la ville. La capitale n’est pas très grande et force est de constater qu’elle fini toujours par nous attirer en son centre lorsqu’on se promène à l’aveugle, l’aimant du vice et du tourisme malsain.

Je relèverais une principale déception de cette capitale, la bouffe. Difficile de trouver quoi que ce soit de spécial à manger à Amsterdam, essentiellement lorsqu’on est végétarien. On se retrouve forcément devant l’une de ces mêmes vitrines, sous différentes enseignes, à commander la même gaufre hors de prix lorsqu’on manque de temps ou bien on se retourne vers une baraque à frites, une pizza ou un LIDL pour faire ses propres courses. Rien d’exceptionnel d’après mon expérience, même en terme de qualité. Quoi que je serais mauvaise langue de dénigrer les tartes aux pommes et les stroopwafels

Quoi qu’il en soit, Amsterdam demeure une belle ville par son architecture, elle abrite d’excellents musées, ma salle de concert et mon escape game favoris, des parcs chaleureux et on y respire des choses qui resplendissent l’expérience. Définitivement une belle destination pour un séjour entre potes.

Si vous lisez ces mots, vous qui avez parcouru l’ensemble des trois chapitres résumant mon voyage à Amsterdam en 2019, merci de bon cœur. Ce récit marque la fin d’un premier pas pour ce blog, l’achèvement d’un premier acte.

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