Aldamir

Les trésors d’Amsterdam

Cour du MOCO d'Amsterdam

Ce second chapitre reprend l’aventure à l’aube de son second jour. Nous quittons la demeure de notre hôte pour la Museumplein, la place des musées, base de nos visites du jour. Les prochaines lignes retranscrivent la suite d’un petit déjeuner improvisé près du MOCO Museum (Modern Contemporary Museum Amsterdam).

Outre les divertissements superficiels privilégiés par les esprits malades, nourrissant le vice et la perversité, la principale attraction touristique d’Amsterdam réside en ses musées. Les soixante-quinze musées parmi les principaux Rijskmuseum, Van Gogh Museum, Anne Frank Museum et autres Stedelijk Museum attirent pas moins de sept millions de touristes par an. Propre à elle-même, la capitale fait également lumière sur le Sexe, l’Erotisme, le Hash et la Torture en ces lieux de culture, sans oublier les quelques uniques Musée Heineken, Stade d’Ajax et Musée Houseboat.

Rijskmuseum, musée d’État d’Amsterdam

Banalisant une seule matinée pour la visite du plus important musée des Pays-Bas, j’espérais en faire le tour avant le début de l’après-midi. Trop appliqué à me plonger dans chacune des œuvres, immergé par l’immensité du temple amstellodamois des beaux-arts, de l’artisanat et de l’histoire du pays, le temps ne tarda pas à me rattraper. Ainsi contrains, je balayais rapidement la dernière moitié du bâtiment, longeant l’atelier de restauration et la Rijksmuseum Research Library, plus vaste centre de documentation public aux Pays-Bas spécialisé dans l’Histoire de l’art.

Amputant ma visite d’un temps précieux volontairement employé à l’essai d’une caméra fraîchement acquise, outre l’audace de m’en plaindre, je ne me résolvais pas à faire l’impasse sur le fond de ma visite au Rijskmuseum. Encombré de milliers de photos dont une majorité dédiée aux œuvres de ce lieu, je me permets de les rassembler ici-même dans le simple ordre chronologique de leur capture pour favoriser leur catégorisation stylistique. Les photos étant redimensionnées à leur téléchargement, je vous invite plutôt à les parcourir sur instagram.

Certaines études démontrent que la plupart des visiteurs de musées ne consacrent pas plus de quelques secondes à une œuvre d’art. Recommandant naturellement cette visite incontournable, j’aviserais seulement quiconque visiterait le musée d’après cette lecture de prendre son temps, de contempler la singularité de chaque œuvre exposée en ces lieux. Si l’idée de consacrer chaque jour de son périple à un quartier spécifique de la capitale peut s’avérer astucieux aux premiers abords, gardez à l’esprit que la visite d’un musée d’une telle ampleur peut s’avérer bien plus chronophage qu’il n’y paraît. La ville figurant parmi les mieux desservies d’Europe, vous n’auriez aucun mal à consacrer un bout de vos lendemains à une autre visite abordant la Museumplein tout en passant le reste de la journée ailleurs.

Musée Van Gogh

Avec la même improvisation qu’au premier repas, notre quête d’un déjeuner s’arrêta à la première enseigne croisée sur le chemin du prétendu meilleur Coffee Shop du quartier, Club Media Coffee Shop, j’en sortais avec deux brownies. À moitié consommé en guise de dessert comme préconisé sur l’emballage, je m’empressais de terminer mon premier spacecake avant d’entamer ma prochaine visite, innocemment motivé par l’absence de ressentiments.

Originale à souhait, l’idée de base visait à se rapprocher d’un état propice à l’immersion dans les tableaux du célèbre peintre hollandais. Le rez-de-chaussée du musée se concentre davantage sur l’histoire de Van Gogh, illustrée par ses propres autoportraits. Sans ressentir le moindre effet, je parcourais les divers âges du protagoniste avec un enthousiasme et un intérêt inintentionnellement irrespectueux, voilant la vue des autres touristes par mon mètre quatre-vingt passionnément rendu inconscient de son environnement. Ce n’est qu’en poursuivant à l’étage, devant Les mangeurs de pommes de terre, que commençaient à se manifester les premiers effets. Fixant l’œuvre, figé, la fatigue et la chaleur m’envahissaient tandis que je sentais se mouvoir les personnages. Attablés, j’observais leurs interactions, comme faisant moi-même partie intégrante de la scène, au coin d’une pièce sombre éclairée par les faibles lueurs d’une lampe à huile suspendue. Échangeant un regard rouge et plissé avec ma moitié, j’introduisais nerveusement ce qui allait se transformer en l’échange d’un long fou rire inassumé. Tentant éperdument de me contrôler par respect et pudeur envers les autres visiteurs, je me souviens seulement d’un passage à la boutique des souvenirs, repartant avec deux cartes postales des mangeurs de patates en direction d’un restaurant italien.

Ce musée restera dans mes souvenirs comme l’un des plus épanouissants qu’il m’ait été donné de visiter. Sensible à l’art graphique sans pouvoir me vanter d’une culture infinie, je n’espérais pas tirer autant de satisfaction à suivre le parcours d’un Homme, à découvrir ses œuvres, leurs influences ainsi que tout ce et ceux que Van Gogh inspira. J’en ressortais avec le seul regret d’avoir laissé mon état second empiéter sur la fin de ma visite, lui qui pourtant avait favorisé tout l’intérêt, la passion et l’immersion de ce tour…

… Bon, j’ai pas non plus souvenir de la pizza qui s’en suivi et quand bien même, dans cet état, la foncedalle réfute toute objectivité.

Musée de la maison de Rembrandt

J’entrais pour la seconde fois dans une maison traditionnelle hollandaise, rattrapant le précédent coup par ma sobriété. Cette maison, demeure de Rembrandt Harmenszoon van Rijn, bâtie au sein du quartier juif de Jodenbuurt où s’installaient alors de nombreux marchands et artistes dont Spinoza, abritait désormais un musée. Au-delà d’une simple exposition, la demeure était tenue dans un aspect au plus originel, reconstituant le lieu de vie de l’artiste parsemé des estampes et des tableaux de son entourage. Ainsi me laissais-je porter par la voix d’un audio-guide qui m’entrainait notamment dans le sombre bureau isolé qui permettait au peintre d’administrer ses activités. S’enchainaient alors un cabinet des curiosités, inventaire des autres trésors de Rembrandt, de même que l’atelier du peintre lui-même, exposant son installation. Une pièce modernisée se dédiait à ses œuvres propres et originales, sous glace, décrites et étudiées. Un nouvel espace, cloisonnant plusieurs ateliers, se consacrait à l’accueil des élèves auxquels le peintre enseignait son art. La visite s’achève ensuite sur le tour d’un laboratoire dédié à l’étude du travail de Rembrandt. Les mélanges pigmentés par lesquels il produisait lui-même sa peinture ainsi que son emploi du clair-obscur et les nuances qu’il apportait à ses œuvres y sont décris.

J’en conserverai l’étrange satisfaction d’avoir suivi l’histoire passionnante d’un véritable artiste sans pour autant garder l’enthousiasme d’avoir quoi que ce soit à en dire de spécial, réveillant davantage la fade impression d’enrôler un agent immobilier lorsqu’il m’arrive d’en parler.

Aux dernières nouvelles…

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